Défense

4ᵉ colloque Souveraine Tech le 18 septembre 2026 à Saint-Malo : bâtir la résilience de nos infrastructures critiques

La cité corsaire de Saint-Malo a vécu une destruction à plus de 80% en août 1944. Ses habitants l’ont pourtant rebâtie pierre à pierre. Cette reconstruction symbolise une…

La cité corsaire de Saint-Malo a vécu une destruction à plus de 80% en août 1944. Ses habitants l’ont pourtant rebâtie pierre à pierre. Cette reconstruction symbolise une réalité fondamentale : le véritable actif d’une nation réside dans son savoir-faire et sa faculté de décision. C’est précisément sous cette métaphore de la résistance et de la reconstruction que se tiendra le 4ᵉ colloque national de Souveraine Tech le 18 septembre 2026 au Palais du Grand Large.

Infrastructures critiques : la maîtrise du risque au cœur de la résilience nationale

L’époque contemporaine impose un constat d’une grande brutalité. Les réseaux d’énergie, l’alimentation, l’eau, les télécommunications, les datacenters, la santé ou encore les chaînes d’approvisionnement forment l’ossature invisible de nos sociétés. Pourtant, nous ne mesurons la criticité de ces systèmes qu’au moment exact où ils cèdent. Les attaques hybrides, les cyberattaques massives, les sabotages physiques et les crises logistiques mondiales ne relèvent plus de la fiction spéculative. La question centrale ne concerne plus seulement nos dépendances, mais notre capacité à maintenir le cap, décider et réparer en pleine tempête.

Vers une doctrine globale de continuité opérationnelle

Les organisateurs du 4ᵉ colloque national de Souveraine Tech entendent fonder une véritable doctrine française de résilience des infrastructures vitales. Pour y parvenir, l’événement rassemble un panel d’acteurs d’une diversité rare : hauts fonctionnaires, officiers généraux, fondateurs de deeptech, directeurs informatiques, juristes et analystes des risques. L’objectif affiché écarte délibérément la posture de constat pour privilégier l’émergence d’outils d’action opérationnels. Le format resserré des interventions et la confrontation directe des analyses renforcent cette dynamique d’efficacité. L’ensemble s’inscrit dans une approche transverse et transpartisane, fidèle à l’ADN de Souveraine Tech.

La souveraineté ne s’apparente pas à un isolement chimérique. Elle exige la maîtrise absolue des leviers technologiques et industriels garantissant la survie des fonctions vitales de l’État. Face aux menaces qui s’accumulent, l’alignement stratégique entre le secteur de la défense, la puissance publique et l’écosystème souverain devient indispensable.

Les figures clefs du débat stratégique à Saint-Malo

Bertrand Leblanc-Barbedienne, fondateur de Souveraine Tech, structure depuis 2020 une plateforme d’échange et un média transpartisan entièrement dédiés à la souveraineté technologique française. Sa vision repose sur la valorisation de l’écosystème industriel et de l’innovation souveraine nationale.

Peer de Jong, colonel (er), cofondateur de l’Institut THEMIIS et invité d’honneur de cette édition, apporte un éclairage militaire exceptionnel sur le commandement, la tenue dans la durée et la prise de décision au plus haut niveau de l’État. Son expérience à la tête du 3ᵉ RIMa et son rôle d’aide de camp auprès des présidents François Mitterrand et Jacques Chirac confèrent une densité rare à ses travaux.

Serge Boulanger, directeur des Entreprises et Partenariats de Sécurité et des Armes (DEPSA) au ministère de l’Intérieur, incarne l’autorité publique chargée de la régulation de la sécurité privée, des polices municipales et du contrôle des armes. Son intervention éclaire les enjeux de régulation, de coordination et de robustesse des dispositifs de sécurité intérieure, au cœur de la résilience nationale.

Christian Sommade, délégué général du Haut Comité Français pour la Résilience Nationale (HCFRN), pilote la réflexion française sur la protection des infrastructures critiques et la continuité d’activité des réseaux vitaux. Sa structure constitue un partenaire privilégié du colloque.

Philippe Latombe, député de Vendée, porte les combats législatifs liés à la souveraineté numérique et à la protection de la donnée stratégique face aux lois extraterritoriales étrangères. Il agit en première ligne pour bâtir un cadre juridique protecteur de l’industrie française.

Auriane Lemesle, secrétaire générale de l’APSSIS, concentre son expertise sur la cybersécurité du secteur de la santé. Elle défend activement la sécurisation des infrastructures hospitalières et la protection des données médicales des citoyens.

Nouamane Cherkaoui, DGA de BPCE-SI, représente le secteur financier, un domaine cible permanent des attaques hybrides. Son expertise porte sur l’étanchéité et la résilience opérationnelle des systèmes d’information bancaires critiques.

Anthony Coquer, directeur général de Lexing Technologies, analyse la transformation juridique et technologique des entreprises face aux risques cyber et au respect des normes souveraines.

Louis Vildé, président de l’AFIAS, fédère les acteurs engagés pour la protection et la sécurisation des systèmes d’information des armées et des industries de défense.

Fabien Bouglé, directeur de publication de Transitions & Énergies, analyse les vulnérabilités énergétiques du continent européen. Ses travaux mettent en lumière les risques pesant sur le réseau électrique et les infrastructures de production d’énergie.

Alexandre Stachtchenko, directeur stratégie et communications chez Bitstack, étudie la souveraineté monétaire, les technologies de registre distribué et le rôle des actifs numériques dans l’indépendance financière.

Géraldine Woessner, rédactrice en chef au journal Le Point, apporte une analyse journalistique incisive sur l’impact des choix technologiques et énergétiques sur l’indépendance nationale.

Nicolas Ravailhe, avocat spécialiste des stratégies européennes, intervient sur la compétition industrielle continentale et la défense de nos pépites technologiques face à la concurrence internationale.

Michaël Reffay, directeur général de France Datacenter, représente les infrastructures physiques où réside la donnée stratégique. Il agit pour l’indépendance et la pérennité de l’hébergement de données sur le sol national.

Sandrine Doppler, prospectiviste en agroalimentaire, décrypte les vulnérabilités et les menaces pesant sur les chaînes de production et d’approvisionnement alimentaires de la Nation.

Bernard Ader, président du CNRA, œuvre à la préservation des capacités d’action et de réponse des réseaux d’urgence face aux catastrophes majeures.

Thomas Fauré, CEO de Whaller, développe des solutions de collaboration numérique souveraines. Il combat sans relâche la dépendance technologique vis-à-vis des outils américains et chinois.

Anne-Sophie de Rosnay, COO de Nation Data Center, supervise l’exploitation d’infrastructures informatiques éco-responsables et hautement sécurisées, répondant aux plus fortes exigences de souveraineté nationale.

Franck Buisson-Thuillier, architecte IT, conçoit la sécurité et la résistance de l’infrastructure informatique fondamentale de nos entreprises vitales.

Raoul Auffret, directeur associé d’Antauen, conseille les organisations dans la sécurisation stratégique de leur architecture d’information et la gestion des risques cyber.

Stanislas Verley, directeur général de Cyberium, déploie des solutions de cyberdéfense avancées pour protéger les infrastructures sensibles face à la menace criminelle et étatique.

Émeric Cocault, PDG et cofondateur d’Icodia, défend l’indépendance du web français par l’exploitation d’infrastructures d’hébergement et d’outils souverains.

Quentin Ladetto, responsable de la prospective technologique DDP chez ArmaSuisse, étudie l’anticipation des sauts technologiques pour l’outil de défense et la prospective des conflits futurs.

Victor Caduc, CEO et cofondateur de Proxima, conçoit des technologies innovantes pour sécuriser le traitement des flux de données hautement sensibles.

Amiral Marc-Antoine de Saint-Germain, préfet maritime de l’Atlantique, assure le commandement des zones maritimes stratégiques. Il veille sur les infrastructures sous-marines vitales, notamment les câbles de télécommunication et les voies d’approvisionnement maritimes.

François Lempereur, maître de cérémonie de cette 4ᵉ édition, anime les échanges et garantit l’alignement des débats avec les objectifs de résilience fixés par l’organisation.

Sécuriser le matériel, le logiciel et le territoire

Cette mobilisation pluridisciplinaire met en évidence la nature transverse des vulnérabilités actuelles. Une défaillance dans le secteur énergétique paralyse instantanément les datacenters, bloquant à leur tour le système financier et l’approvisionnement des populations. Cette réaction en chaîne illustre la fragilité des interdépendances numériques et industrielles modernisées sans mesure de précaution.

La réponse exige donc la superposition de plusieurs boucliers. Le premier concerne le matériel, en garantissant la sécurité des datacenters et la protection des câbles sous-marins face aux tentatives de sabotage. Le deuxième concerne le logiciel, en imposant des solutions de confiance échappant aux lois d’extraterritorialité étrangères. Le troisième réside dans la formation et le maintien des compétences sur le territoire national.

Bâtir une culture d’action et d’anticipation

Face à la guerre hybride, l’attentisme équivaut à un renoncement. La ville de Saint-Malo nous rappelle fort heureusement que la volonté politique associée à la maîtrise technique permet de reconstruire ce que les chocs ont détruit.

La résilience ne consiste pas à éviter tous les chocs, mais à posséder les ressorts nécessaires pour y survivre. Ce 4ᵉ colloque national de Souveraine Tech dressera la feuille de route d’un État et d’une industrie capables de maintenir leur souveraineté industrielle et numérique quoi qu’il advienne.

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